Question posée par à peu près tous les industriels qui découvrent Dolibarr : « c’est gratuit, c’est open source, ça a l’air complet — est-ce que ça peut vraiment piloter mon atelier ? »
La réponse honnête est : oui pour gérer votre entreprise, partiellement pour gérer votre production. Cette page détaille où passe exactement la frontière, parce que la découvrir après six mois de paramétrage coûte cher.
Ce que Dolibarr fait déjà très bien
Commençons par ce qui fonctionne, parce que c’est beaucoup, et que c’est souvent sous-estimé.
- Le cycle commercial complet : devis, commande client, expédition, facturation, relances. Solide, éprouvé, utilisé par des dizaines de milliers d’entreprises.
- Les achats et approvisionnements : demandes de prix, commandes fournisseur, réceptions, factures fournisseur.
- Le stock multi-entrepôts : mouvements, transferts, inventaires, seuils d’alerte, gestion des lots et numéros de série.
- Les nomenclatures et ordres de fabrication : le module MRP natif permet de définir des BOM et de lancer des ordres de fabrication qui consomment les composants et produisent le fini.
- Les projets et le suivi de temps, la GED, le CRM, la comptabilité.
Pour une entreprise qui négocie, achète, stocke et revend, Dolibarr est un ERP complet. Le sujet n’est pas là. Le sujet commence quand on transforme de la matière.
Les cinq murs qu’on rencontre dès qu’on fabrique
1. La nomenclature s’arrête à un niveau
Le module MRP gère une nomenclature composants → produit fini. Dès que vous fabriquez un sous-ensemble qui entre lui-même dans un ensemble, vous devez lancer les ordres de fabrication étage par étage, à la main, dans le bon ordre.
Sur un produit à trois niveaux et quinze références, ce n’est plus de la gestion, c’est de la saisie. Et le calcul de disponibilité matière ne descend pas en cascade : vous ne savez pas si vous pouvez lancer l’ensemble tant que vous n’avez pas vérifié chaque sous-ensemble.
2. Aucun retour de l’atelier en temps réel
Un ordre de fabrication Dolibarr a deux états utiles : lancé, et terminé. Entre les deux, rien.
Pas de déclaration d’avancement par opération, pas de temps passé par poste, pas de saisie opérateur au pied de la machine. Concrètement : votre bureau ne sait pas où en est une commande sans aller le demander dans l’atelier. C’est exactement la fonction d’un MES, et Dolibarr n’en a pas.
3. Le prix de revient ne connaît que la matière
Dolibarr valorise vos stocks au prix d’achat pondéré. C’est correct pour du négoce. Pour de la fabrication, il manque tout le reste : temps de main d’œuvre, heures machine, taux horaires par poste, frais généraux, rebuts et reprises.
Résultat : vous chiffrez vos devis avec un coefficient au jugé. Ça fonctionne tant que les volumes sont faibles. Ça devient dangereux quand une pièce mal chiffrée part en série.
4. Pas de gestion de la qualité
Ni non-conformités, ni actions correctives, ni contrôle en réception, ni plans de contrôle, ni quarantaine. Si vous êtes certifié ISO 9001 ou si vos donneurs d’ordre vous auditent, ces éléments vivent aujourd’hui dans des classeurs Excel à côté de l’ERP — c’est-à-dire nulle part au moment de l’audit.
5. Le stock ignore la notion de propriété
Pour Dolibarr, un article en stock vous appartient. La matière confiée par un client, l’outillage qui reste sa propriété, le dépôt-vente chez un distributeur : rien de tout cela n’est distingué. Pour un sous-traitant, c’est un problème comptable autant qu’opérationnel.
Alors, Dolibarr standard suffit-il ?
Oui, si vous vous reconnaissez ici : vous assemblez ou transformez simplement, sur un seul niveau de nomenclature, en petites séries, sans exigence qualité formalisée, et le suivi d’atelier se fait de vive voix parce que l’atelier tient dans une pièce.
Non, si au moins deux de ces phrases vous parlent :
- « Je ne sais pas où en est la commande sans appeler l’atelier. »
- « Je ne connais pas ma marge réelle sur une pièce. »
- « Mes nomenclatures ont des sous-ensembles. »
- « Mon client m’audite et je sors les preuves d’Excel. »
- « J’ai de la matière ou des outillages qui ne m’appartiennent pas. »
Ce que ça change concrètement
La bonne nouvelle : aucun de ces cinq murs ne remet en cause le choix de Dolibarr. Ce sont des manques fonctionnels, pas des défauts d’architecture. Le socle — base de données, gestion des tiers, flux commercial, stock — est parfaitement adapté à une PME industrielle.
C’est précisément pour ces cinq murs que DoliFactory existe. Nous ne remplaçons pas Dolibarr : nous le prolongeons jusqu’à l’atelier, module par module, en ne payant que ce qui manque.
La différence avec un ERP industriel propriétaire : vous ne changez pas de système, vous ne repartez pas de zéro, et le ticket d’entrée se compte en centaines d’euros plutôt qu’en dizaines de milliers.